Dirigeants d’entreprise : Accepter ses propres limites

santé et écologie mentale : accepter ses propres limites
  • [INTERVIEW] – Gaël Allain

Suite à l’interview de Nicolas Frango du CIRIDD du mois dernier, c’est au tour de Gaël Allain d’être interrogé ! Gaël Allain est Docteur en Psychologie Cognitive, et anime le séminaire 2 qui tourne autour du sujet de l’Ecologie Mentale, un sujet qui touche de nombreux dirigeants d’entreprise.

 

  • Gaël, pourriez-vous vous présenter ?

Oui, avec plaisir. Je suis Gaël Allain, et je suis spécialiste des questions de gestion de la charge mentale et de la concentration. J’ai un background en sciences cognitives, sur des sujets fondamentaux comme la mémoire et l’attention. Ce sont des mécanismes au centre du jeu aujourd’hui, dans un monde ultra-connecté et collaboratif. Il y a, en effet, un vrai décalage entre la quantité d’informations que l’on souhaite traiter et ce que notre cerveau est vraiment capable de faire.

Je me déplace donc au sein de diverses entreprises pour étudier les situations dans lesquelles les employés et dirigeants sont dépassés par les quantités d’informations à traiter.

J’ai également développé il y a 10 ans le thème de l’écologie mentale en réaction à l’explosion des smartphones et autres outils connectés.

  • Vous animez aujourd’hui le séminaire 2 « Appréhender les mécanismes cognitifs et la souplesse intellectuelle : L’Ecologie Mentale », qui est un nouveau séminaire du programme Stratégie PME. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le but du séminaire est d’essayer d’accompagner les personnes qui font partie du programme à se méfier du monde trépidant dans lequel ils évoluent.

Notre cerveau est un « vieux machin », qui ne sait bien faire qu’une seule chose à la fois. Il faut donc aider les gens à prendre conscience des limites de leurs capacités, et leur proposer des stratégies vertueuses qu’ils peuvent mettre en place pour contourner quelque peu ces limites.

Le but étant de garder le contrôle de la situation et de limiter, in fine, les risques d’épuisement professionnel et le burnout.

Le séminaire est donc une sensibilisation d’une demi-journée qui part des problématiques concrètes rencontrées par les entrepreneurs et qui fait le lien avec les mécanismes cognitifs et intellectuels en jeu. L’idée étant de réadapter l’environnement de travail en fonction des capacités réelles du cerveau.

 

  • Qu’entendez-vous par écologie mentale ?

Il y a deux aspects dans l’écologie mentale : l’individuel et le collectif. Les deux aspects sont abordés lors du séminaire.

Concernant le côté individuel, nous allons donner des propositions de types de pratiques à réaliser, en fonction bien sûr de l’effet que nous voulons obtenir sur notre cerveau. Par exemple, ce ne sera pas la même préparation mentale si je veux remobiliser des ressources intellectuelles ou si je veux stabiliser mon esprit envahi de tracas ou de pensées intrusives. Dans ce dernier cas, il s’agit de tenter de saturer son esprit avec des exercices très stimulants de type sudoku. Les exercices à faire seront encore différent si l’on souhaite simplement se détendre ou relaxer son esprit.

Concernant le collectif, il s’agit ici de comprendre comment travailler les uns avec les autres sans s’interrompre toutes les deux secondes. En effet, il y a une question ici qui se pose pour l’entrepreneur : que me reste-t-il dans la journée comme moment sans interruption ? Comment puis-je concevoir et réorganiser l’activité de ma journée pour avoir des moments où je peux me concentrer sur des sujets de fond, et si possible pas seulement tôt le matin ou tard le soir ?
La réponse ici repose sur la mise en œuvre d’une discipline collective de fonctionnement du dirigeant avec ses collaborateurs que ce soit dans les échanges physiques ou digitaux. Il sera ainsi nécessaire de déterminer des plages où l’on est disponible pour les uns et pour les autres, et des plages où on ne l’est pas.

C’est donc avec les participants au séminaire que nous échangeons ici des bonnes pratiques, sous forme d’atelier, puisque certains mettent déjà certaines choses en place sur ces sujets.

 

  • Pourquoi avoir choisi ce sujet plus qu’un autre pour les participants de Stratégie PME ?

Les dirigeants de PME sont un bon public en ce qui concerne la surchauffe du cerveau, ils sont très engagés, et font souvent face au risque d’essayer d’en faire trop, du fait du stress et des enjeux économiques. C’est donc important d’en parler.

Le séminaire est une manière d’aborder les choses, de parler un peu d’eux, de leur propre cerveau, une demi-journée qui leur est consacrée en tant qu’individu, dirigeant, pour essayer de retrouver un peu de confort intellectuel et de plaisir.

 

  • En quelques mots, quels conseils donneriez-vous aux dirigeants de PME sur ces sujets ?

Il faut savoir accepter ses propres limites, ne pas partir du principe que pour réussir il faut être invincible. Accepter le fait qu’on a un cerveau, que c’est le même que le commun des mortels, et qu’il faut intégrer cela pour limiter l’épuisement.

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